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Gérard Georges : Les chemins d’améthyste

En 1872, à Piquebourre, bourgade auvergnate, Paul Thévenet mène une vie ordinaire d'instituteur de campagne. Quand l'un de ses élèves, Eugène, dit "la Fouine", découvre, lors d'une de ses promenades buissonnières, un filon d'améthyste, Paul, passionné de minéralogie, se porte aussitôt acquéreur du terrain et concrétise son rêve : devenir chercheur de pierres. Une belle amitié se tisse entre l'instituteur et son ancien élève, unis par ce qui va devenir, au fil des années, une entreprise florissante. Unis également par les liens de la famille grâce à la tendre histoire d'amour entre Savine, sœur ainée d'Eugène, et Paul... Après la culture du chanvre, les stations thermales et les grenadières, Gérard Georges explore un pan méconnu de l'histoire auvergnate: l'exploitation de l'améthyste.

Pauline Fraisse : Autour du Yunnan

Le Yunnan est situé « au Sud des nuages », disent les Chinois, c’est une terre de croisements : croisements de plaques géologiques, croisements de civilisations, croisements d’ethnies diverses, de climats, de routes commerciales, de voyageurs, et probablement aussi d’idées et d’énergies.
Depuis cette région où elle vivait, Pauline Fraisse a voyagé par la route, toujours armée d’un carnet, sur les plateaux qui marquent les débuts de la Chine de l’Ouest, vers le Sud en Asie du Sud-est, et à travers le Yunnan, cette région grande comme la France, et bigarrée comme trois fois l’Europe… De ses voyages, elle a réalisé trois carnets : Yunnan, Au sud des nuages ; Bangkok, Vientiane, Luang Prabang, Au pas de l’éléphant ; Sichuan, Gansu, Qinghai, là où les rizières s’arrêtent. Les éditions Reflets d’ailleurs a choisi de regrouper ses trois carnets de voyage dans un coffret

Hors cadre[s] : observatoire de l’album et des littératures graphiques

Cette revue, née en octobre 2007 et publiée conjointement par L’Atelier du poisson soluble et les éditions Quiquandquoi, propose des regards croisés de critiques et de créateurs sur la production contemporaine d’albums et, plus généralement, sur les supports associant textes et images.

Marie Rousset : Petit f n’est pas grand F

Ici petit f explore les trous de la connaissance à l'endroit même où l'errance de la lettre ne fait pas loi. Dans le silence des trous, elle regarde ce qu'elle ne sera jamais, à savoir, une suite de règles opératoires explicites. C'est une cueillette qu'elle fait et offre refuge à la part visible de l'intention. Tout finit par fondre ou se casser. Il faut alors réparer. L'opération de ses lacunes est réalisée avec des fils noués sur des aiguilles à plusieurs trous. Ceux visités dans ce texte, ne seront pas moins que ce que la chirurgie esthétique est à la démocratie. Et pas plus.

Daniel Berghezan : Bains

Pour ce premier recueil, Daniel Berghezan a choisi de nous inviter à réfléchir à la baignoire, cet ustensile domestique qui si l’on n’y prend garde pourrait devenir « une mer apportant avec ses vagues de multiples réflexions, sur le corps, sa nudité et ses métamorphoses… ».
«… L’eau qui s’écoule sur la peau,
l’eau qui encense les bras, le ventre,
l’eau livre au coprs l’énigme de sa finitude…

Amandine Marembert : Toboggans des maisons

Illustré par Audrey Calleja, Toboggans des maisons est un livre rafraichissant qui nous raconte la vie qui va avec une tendre subtilité, l’air de rien : « les montres tu les portes pour moi qui me défile à chaque coup d’aiguille - mélange parfois le jour et la nuit de l’endors-matin au réveille-soir » ou encore « plus ça va plus je suis petite - le mal de voiture de train les canards froids au fond du lit - un enfant m’ôterait ces peurs »

Chantal Dupuy-Dunier : Saorge, dans la cellule du poème

Depuis une dizaine d’années, le monastère franciscain de Saorge, dans l’arrière-pays niçois, a été aménagé en résidence d’écrivains. Chantal Dupuy-Dunier, poétesse résidant en Haute-Loire (43) y a séjourné en hiver puis en automne. Dans ce recueil, elle évoque ces deux séjours et son retour en Auvergne. Elle décrit les lieux et les instants à la manière impressionniste, avec une grande simplicité qui fait écrire à Bernard Noël que cette simplicité « a un pouvoir étonnant, comme l’aurait un dessin figuratif qui se métamorphoserait dans nos yeux en signe héraldique ou en icône symbolique, tout en demeurant aussi simplement suggestif ». Tout est dit, il n’y a rien à ajouter.

Samuel Chardon et Céline Roussel : La mécanique du voyage

Ce 7e carnet des éditions Porte-plume installées à Billom (63) et créées par Samuel Chardon et Céline Roussel a été le Coup de cœur du Grand prix de la 10e biennale du Carnet de voyage 2009. Il retrace le voyage par la route jusqu’en Inde et au Népal de Samuel, Céline et leurs enfants Ilda (8 ans) et Zélie (2 ans) entre février 2007 à avril 2008. 28000 kilomètres avec un vieux camion dont les pannes rythment les étapes et obligent à prendre son temps… et à raconter tous les pays traversés : Turquie, Iran, Pakistan, Inde et Népal, avec les mots de Céline et les gouaches, les aquarelles, encres et crayons de Samuel.

Anne-Marie Bordes : Il faut aller de l’avant

Ce carnet de voyage en hôpital dans le service de cancérologie pédiatrique du CHU de Clermont-Ferrand a obtenu le Prix du Club de la Presse (Auvergne) lors de la 10e biennale du Carnet de voyage 2009.
Un carnet d’une grande sensibilité réalisé par Anne-Marie Bordes, qui a choisi à la naissance de son quatrième enfant de mettre entre parenthèses son travail de médecin… Puis L’idée de revenir vers le milieu hospitalier a fait son chemin et pendant plus d’un an, avec carnets et crayons, elle va prendre le temps de partager le quotidien des familles dans ce service de pédiatrie. Elle a dessiné pour témoigner.

Alain Quella-Villéger, Bruno Vercier : Pierre Loti dessinateur, une œuvre au long cours

Un ouvrage remarquable parmi ceux retenus pour la Saison de la Turquie en France.
Le romancier à succès Pierre Loti (1850-1923) a occulté le dessinateur. Sous son véritable nom de Julien Viaud, comme reporter et pour le plaisir, il avait pourtant composé, au fil de ses campagnes de jeune officier de la marine, une remarquable œuvre graphique, ethnographique aussi. La voici pour la première fois réunie. Plus de cinq cents dessins, accompagnés des gravures qui en furent tirées et de textes de l’écrivain, forment un singulier carnet de voyages autour du monde, vers les lointains de cet artiste polymorphe et raffiné : Terre de Feu, Ile de Pâques, Tahiti, Brésil, Amérique du Nord, Sénégal, Maghreb, Adriatique, Indochine, Japon, mais aussi Bretagne et Saintonge natale, sans oublier son cher « Stamboul ». Du simple croquis à l’aquarelle aboutie, le trait, sûr et inspiré, fait surgir un foisonnement de portraits et d’événements, d’étonnements et de fantaisies, de visions. Le monde de l’un des derniers romantiques.

Alexandre Vialatte : Lettres à Maricou

Vialatte amoureux.
Telle est la raison de ce petit volume. C’est l’histoire d’un échec sentimental au sortir de sa vie étudiante, une aventure née en 1922, quand il dirigeait à Mayence La Revue Rhénane. Avec les stratégies de la correspondance amoureuse brillamment analysées par Pierre Jourde dans sa préface, beaucoup de Vialatte s'y retrouve : goût de l'Allemagne romantique et de l'Auvergne aux "chemins pavés d'améthyste", intérêts littéraires et influences, dilection pour les personnages singuliers et les images.