Lettre du directeur du TRANSFO au Conseil d’administration de l’association

Lettre du directeur du TRANSFO au Conseil d’administration de l’association

Nous publions ci-dessous un courrier qui a été envoyé cette semaine aux membres du conseil d’administration du TRANSFO. S’il n’est pas une lettre ouverte en soi, il est néanmoins reproduit ici pour l’information de tous.

Mesdames, Messieurs les membres du Conseil d’Administration,

Dans quelques jours, le 19 décembre, se tiendra ce qui sera probablement le dernier Conseil d’Administration du TRANSFO.

Il statuera sur les modalités de la fin de l’activité de l’Agence culturelle de la région Auvergne, balayée par un puissant effet de polarisation des centres de décisions sur la nouvelle capitale régionale, conjugué à un mouvement de marginalisation des politiques culturelles au sein des politiques publiques, dont l’effort se concentre sur les métropoles, les grands évènements et les grandes institutions, y compris au détriment de l’aménagement et de l’équité des territoires, de la diversité culturelle, et de l’innovation.

Si cette décision, prise sous la contrainte de la nouvelle région, de son Président et de ses services, est subie de la part de l’équipe avec une immense amertume, elle met néanmoins un terme à une année complète d’incertitudes, de faux espoirs, de gâchis et d’injustice.

En effet, nous avons été sans nouvelles de la Région pendant tout le 1er trimestre 2016, à l’issue duquel un rendez–vous nous a été accordé par la VP Mme Verney-Caron.

Ce sera le seul et unique moment d’échange avec l’exécutif régional.

Lors de cet entretien, Mme Verney-Caron a annoncé une baisse de la subvention annuelle de 20%, mais s’est engagée à « ne pas faire de casse sociale ».

De mars à juin, des informations fluctuantes concernant la hauteur de notre subvention 2016 ont émané des services de la Région.

Dans cette période, LE TRANSFO a multiplié les courriers afin d’éviter une situation de pourrissement : effectivement, nous étions à l’époque dans une situation où notre trésorerie nous permettait encore de mettre fin à l’activité de l’association, dans l’hypothèse d’une décision officielle de la Région en ce sens. Tous ces courriers, doublés de nombreuses sollicitations téléphoniques, sont restés sans réponse, à l’image de l’absence de la Région lors de nos conseils d’administration (à l’exception d’une visite de la conseillère régionale Mme Benoit, venue nous dire qu’elle ne savait rien et ne décidait rien).

Par conséquence, nous avons abordé la période des congés d’été sans savoir dans quelles conditions nous retrouverions nos emplois à la rentrée.

A la rentrée, Catherine Henri-Martin a été reçue à Lyon par M.Duval. ce jour-là et pour la première fois, M. Duval a clairement annoncé que « la Région ne souhaitait plus travailler avec LE TRANSFO », ce qu’exprimera plus tard on ne peut plus clairement plus tard M. Wauquiez : « Surtout pas pour le TRANSFO ! ».

Néanmoins, M.Duval a engagé la Région sur deux points : l’accompagnement financier et social du TRANSFO dans la fin de son activité.

Cette position a été confirmée par un nouveau rendez-vous, cette fois-ci avec M. Bailbé, DGA, qui a assuré « être mandaté pour que les choses se passent intelligemment », et s’est engagé à financer la fin de l’activité de l’association et à faire des propositions aux salariés. Les services régionaux, à cet égard, sont allés jusqu’à demander les fiches de postes et le montant des salaires des candidats à un « reclassement », suscitant bien évidemment un espoir réel au sein de l’équipe.

Malheureusement cet espoir, entretenu depuis mars suite à l’engagement de Mme Verney Caron, a été formellement anéanti lors d’un dernier rdv avec M. Duval et Mme Chaucheprat, qui ont indiqué qu’aucune proposition ne serait faite aux salariés.

De la même manière, aucune décision ferme, à la lecture du BP de la Région, ne semble acquise concernant une subvention couvrant les frais relatifs à la fin de l’activité. Nous ne disposons d’aucun élément sur le calendrier d’une telle décision, même si nous imaginons qu’elle pourrait être prise lors de la CP de janvier.

Voilà le contexte dans lequel l’équipe s’apprête à passer les fêtes de fin d’année.

Une année entière, d’interrogation, d’incertitude, une année à ne pas savoir, à ne pas comprendre.

Une année entière, surtout, à ne pas avoir seulement les moyens de tourner dignement la page. Une année perdue à ne pas pouvoir se projeter, empêtrés dans des engagements régionaux pris, repoussés, oubliés.

2016, une année entière pour rien, dans un contexte du marché de l’emploi tendu, où pour chacun, la perte de temps, l’attente, l’absence de stimulation, engendrent naturellement anxiété, perte de confiance en soi, en ses savoirs, en ses savoirs être. Qui n’ont jamais été, paradoxalement, remis en question, ni par la Région, ni par une quelconque expertise.

2016, une année de paralysie, une année incapacitante, pour une équipe entière pourtant si forte de connaissances, de projets, de convictions et d’espoirs.

Alors oui, la décision du 19 décembre est inexorable.

Elle sera dure, mais elle sera libératoire.

 

Simon POURRET

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